Les 10 choses que j'aurais aimé savoir quand j'ai commancé le CYANOTYPE

N°1 : soignez l'application de la solution
Appliquez la solution de façon homogène, sans trop charger le pinceau. Si la solution s’accumule sur les bords du papier ou dans les creux, elle va cristalliser en séchant, ce qui donnera des zones imperfections et des marques blanches visibles sur le tirage final.
Pour un bleu vraiment profond, mon astuce est de mettre deux couches de solution sur le papier : appliquez la première, laissez sécher une dizaine de minutes, puis appliquez la seconde. Vous obtiendrez un bleu intense et lumineux
N°2 : le test d'exposition, votre meilleur allié
Vous avez dans la tête un résultat bien précis, un bel effet transparent sur des pétales de fleurs par exemple. Alors ne sautez pas l'étape du test d'exposition !
Il vous évitera beaucoup de frustration et vous donnera exactement le bon temps d'exposition avant de vous lancer dans votre série.
Comment faire :
1️⃣ Enduisez votre papier comme d'habitude
2️⃣ Sur le papier, tracez des graduations et notez les temps à côté (1 min, 2 min, 3 min...)
3️⃣ Placez votre composition végétale par-dessus
4️⃣ Masquez progressivement les zones avec un objet opaque (un livre par exemple), en décalant le cache à chaque minute écoulée
5️⃣ Développez, et observez quel temps d'exposition donne le résultat souhaité
N°3 : avec ou sans plaque de verre, deux rendus bien différents
Résultat net et bien défini, ou effet artistique avec des zones de flou ? Le choix se joue avant l'exposition.
Pour un rendu bien net et défini : placez votre cyanotype entre une plaque de bois et une plaque de verre et fixez avec des pinces (les sous-verres qu'on trouve à petit prix en magasin de bricolage ou déco font parfaitement l'affaire, il y en a de toutes les tailles).
🌿 Pour un effet plus artistique : ne mettez pas de plaque. Placez simplement les végétaux sur le papier. La lumière pourra passer légèrement sous vos végétaux, créant des nuances de bleu sur les contours, et un effet de flou
À vous de choisir selon l'effet recherché !
N°4 : pas besoin d'eau oxygénée !
Vous avez peut-être déjà vu des personnes appliquer un « liquide magique » sur leur cyanotype juste après le développement, qui fait apparaître un bleu foncé instantanément ? Il s'agit de peroxyde d'hydrogène (eau oxygénée).
Après le développement, vos cyanotypes ressortent d'un bleu pâle, c'est normal ! L'oxydation continue ensuite à l'air libre, et c'est en séchant complètement que le bleu prend toute sa profondeur. Le peroxyde d'hydrogène accélère simplement cette réaction et vous permet d'obtenir le bleu final tout de suite, au lieu d'attendre le séchage complet.
💡 Perso, je ne l'utilise pas et je ne le recommande pas car c'est un produit irritant. Autant laisser le temps faire son travail.
N°5 : Prenez le temps pour le rinçage
Même si le résultat apparaît dès les premières secondes dans l'eau, ne retirez pas votre cyanotype trop tôt ! Laissez-le tremper au moins 5 minutes, même si vous avez l'impression qu'il ne se passe plus rien.
Ce rinçage prolongé permet d'éliminer tous les résidus de solution photosensible encore présents sur le papier.
Un rinçage trop rapide laisse des zones jaunâtres et empêche le bleu de révéler toute sa profondeur.
N°6 : la qualité du matériel, ça change tout
Avec l'essor du cyanotype, on trouve désormais du matériel un peu partout. Mais attention : toutes les qualités ne se valent pas.
Les sels de fer : il existe plusieurs qualités. Pour un beau résultat, il faut impérativement des sels de fer de qualité photographique, produits par un labo spécialisé. Avec des sels de moindre qualité, vous obtiendrez un bleu pâle et des irrégularités sur votre tirage.
Les insoleuses : pour un cyanotype réussi, il faut une fréquence UV bien précise. Privilégiez du matériel conçu spécifiquement pour le cyanotype.
Le papier : le plus couramment utilisé est le papier aquarelle 300g. Un papier premier prix, type papier d'imprimante classique se décomposera littéralement à l'étape du rinçage. Vous pouvez tout à fait varier les types de papier et le grain selon le rendu recherché, mais gardez toujours un papier de qualité suffisante, capable de résister au développement dans l'eau.
N°7 : ce qu'il faut savoir sur les sels de fer
Les sels de fer se trouvent généralement sous deux conditionnements : en petits sachets ou en bouteilles. Je vous conseille les sachets, qui permettent de doser la quantité souhaitée plutôt que de tout mélanger d'un coup.
Sous forme de poudre, les deux sels de fer se conservent plus d'une dizaine d'années sans problème.
Une fois mélangés à l'eau, ils donnent chacun une solution liquide, à conserver dans des récipients séparés. Sous cette forme, comptez environ un an de conservation.
À noter : après quelques semaines, une pellicule se forme souvent à la surface de la solution A. C'est tout à fait normal et sans impact sur le principe actif : il suffit de la filtrer ou de la retirer avec une petite cuillère.
C'est en mélangeant A et B ensemble que vous obtenez la véritable solution photosensible : celle-ci n'a alors qu'une durée de vie de quelques heures. Mieux vaut donc ne préparer que la quantité nécessaire pour enduire vos papiers.
Astuce n°8 : le papier déjà enduit, mode de conservation
Le cyanotype reste une technique assez peu contraignante : contrairement à l'argentique, pas besoin de travailler dans le noir complet. Si vous utilisez votre papier le jour même, vous pouvez l'enduire à la lumière du jour (à l'abri direct du soleil) sans souci.
Pour le conserver plus longtemps en revanche, mieux vaut limiter son contact avec la lumière dès le départ : enduisez-le le soir, et dès qu'il est sec, rangez-le dans une enveloppe ou une boîte complètement opaque.
Veillez à ce que ce soit 100% opaque : même une petite fuite de lumière, jour après jour, suffira à exposer entièrement votre papier
N°9 : l'utilisation de négatifs
Un négatif, c'est simplement un motif noir sur un film transparent. Vous pouvez le réaliser de deux façons.
À la main : avec un marqueur noir opaque et indélébile pour dessiner, décalquer ou écrire directement sur le film transparent, avant de le superposer sur votre papier cyanotype.
À l'ordinateur : utilisez un film spécial, adapté à votre imprimante (jet d'encre ou laser). Pour un simple motif ou du texte, imprimez directement en noir et blanc. Pour une photo, une petite manip s'impose : passez-la en noir et blanc, puis inversez les couleurs pour obtenir un véritable négatif, avant de l'imprimer (j'ai détaillé la marche de suivre dans un tuto que vous pouvez retrouver dans l'onglet blog de mon site).
Point de vigilance : les négatifs sont très sensibles à la sur- ou sous-exposition. N'hésitez pas à faire un test d'exposition pour trouver le bon temps.
Les anciens négatifs argentiques ne fonctionnent généralement pas pour le cyanotype. Leurs zones foncées, souvent brun-orangé, ne bloquent pas suffisamment la lumière UV pour créer un contraste net.
N°10 :le papier n'est qu'une option parmi d'autres !
Le cyanotype fonctionne très bien sur tous les supports poreux capables d'absorber la solution photosensible : tissu, carton, bois, galets poreux… Laissez libre cours à votre imagination, les rendus peuvent être vraiment surprenants ! Gardez juste en tête que le bleu sera généralement moins intense que sur du papier blanc.
Sur tissu, il faut impérativement une matière naturelle (coton, lin, soie...) et comme le tissu est très absorbant, une seule couche de solution suffit.
Petite précision utile : le cyanotype sur tissu se prête mieux aux accessoires (tote bags, housses de coussin...) qu'au vestimentaire, car il résiste mal aux lavages en machine et s'estompe au fil des cycles. Un lavage à la main reste l'idéal pour préserver le motif dans le temps.
J’espère que ces conseils vous aideront dans votre pratique du cyanotype ! Si vous avez d’autres questions sur des points précis, n’hésitez pas à m’envoyer un message, j’y répondrai avec plaisir. Et si une question revient régulièrement, j’en ferai peut-être aussi un nouvel article de blog!




